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Histoire

Commune de 88 hectares, de moins d’un kilomètre carré, Bâgé-le-Châtel fait petite figure pour la superficie, à côté des 270 hectares de Saint-André-de-Bâgé et surtout des 3 968 hectares de Bâgé-la-Ville, qui l’enserrent presque complètement.

L’histoire seule explique une petite disproportion entre les surfaces de ces trois villages qui portent le même nom.

Comme paroisse, Bâgé-la-Ville est la plus ancienne. Sur son vaste territoire, enrichi par les alluvions de la Saône convoité par les abbayes d’outre-Saône, prospérait depuis le IXème siècle peut-être, une famille de propriétaires qui allaient devenir les "Rassembleurs de terres" de la Bresse : Les Sires de Bâgé.
Le département de l’Ain compte plusieurs villes ou villettes bâties sur plan carré ou rectangulaire. Beaucoup plus rares sont les villes bâties sur plan circulaire ou ovale ; en fait, on ne peut citer que Pérouges et Bâgé-le-Châtel dans le département. Cette forme est sans doute l’indice d’une plus grande ancienneté par rapport au plan rectangulaire.

Il est certain que du XIème siècle jusqu’à nos jours, la forme de la ville et celle de son enceinte, de bois d’abord, de briques ensuite, n’ont pas varié et que jusqu’au XVIIIème siècle, ses remparts ont été entretenus avec soin alors que depuis l’invention de l’artillerie (vers 1400), ils n’avaient plus aucune signification militaire.

Au sud-ouest était le château, dont il subsiste quelques vestiges anciens. Une vingtaine de tours renforçait les défenses et quatre portes permettaient d’accéder au deux rues principales se coupant à angle droit. Hors les murs, par-dessus le ruisseau de Loëze, les Sires de Bâgé pouvaient admirer de leur château les lignes pures de l’église, alors chapelle de Saint-André-de-Bâgé, qu’ils avaient fait bâtir au XIème siècle avec les moines de Tournus.

L’ensemble formait naguère un site d’une rare qualité, malheureusement de moins en moins perceptible au sol. En avion, sous un éclairage favorable, il retrouve toute son unité et toute sa splendeur.

La tour la mieux conservée ou plutôt la mieux restaurée, se voit à l’extrémité Est de la rue de l’Eglise. Au siècle dernier, elle était la propriété de Mgr J-C Martin qui y fit déposer deux petits vitraux dont un représente un Sire de Bâgé à la croisade. Une girouette au lion rampant des armes de Bâgé est plantée sur la toiture de cette tour.

A l’intérieur de la ville, les maisons les plus anciennes sont en bois et clayonnages plus rarement en pisé ou en brique. Quelques maisons des XVIIème et XVIIIème siècles bordent la rue Marsale.

L’hôpital, mentionné dès le XVIIIème siècle, mais entièrement reconstruit vers 1700, mérite une courte visite. La porte principale, datée de 1698, était autrefois surmontée des armes des d’Urfé, bienfaiteurs de l’établissement.

Le dernier d’entre eux, l’Abbé d’Urfé, sur ses vieux jours Curé de Bâgé, était aussi Seigneur du lieu. Prêtre Sulpicien, il avait été plusieurs années missionnaire au Canada et avait fondé, au bord du Saint Laurent, à quelques lieues de Montréal, une mission en un endroit appelé aujourd’hui baie d’Urfé. Il mourut en 1700 à Bâgé. Il repose dans la Chapelle de l’hôpital, sous une dalle couverte d’une longue inscription remise au jour au cours de récents travaux.

La Seigneurie de Bâgé était passée aux d’Urfé en 1575 par Renée de Savoie, Comtesse de Tende, veuve de Jacques d’Urfé. Quant aux comtes de Savoie, ils devaient à Amédée de Savoie, futur Amé le Grand, d’avoir fait entrer la terre de Bâgé dans leur maison par son mariage en 1272 avec Sibile de Bâgé, dernière héritière de la famille de ce nom.

La chapelle de l’hôpital est ornée d’un autel de marbre rouge, de grilles en fer forgé du XVIIIème siècle et de boiserie d’époque.

Naguère encore, le service des malades était assuré par les religieuses hospitalières de Sainte Marthe La Chapelle, selon la coutume, s’ouvrait de part et d’autre sur la salle des hommes et sur celle des femmes.

L’église de Bâgé-le-Châtel n’était jusqu’au XVIIème siècle qu’une annexe de celle de Saint-André-de-Bâgé. Mentionnée depuis dès 1158, elle était sous le vocable de Saint Maurice et de l’assomption.

Comme construction, elle est depuis le XVème siècle ou le XVIème siècle incorrectement orienté, le chevet regardant le Sud-Ouest. A la base du clocher subsistent quelques fragments romans. Ce clocher, "point géodésique de premier ordre sur le méridien de Mezières" date de différentes époques du XVIème au XIXème siècle.

Il est à noter qu’aucun des clochers des trois Bâgé n’a été entièrement démoli sous la Terreur, contrairement aux ordres du représentant en mission Albitte.
Il est vraisemblable d’attribuer cette mesure de faveur à l’abbé Gaon, remarquable érudit, historien de la Bresse, ancien curé de Bâgé, unanimement respecté par tous les partis.

Une des traces les plus durables de l’ancienne grandeur de Bâgé a été son archiprêtre qui, au temps de sa splendeur, comptait 58 paroisses. Au XVIIIème siècle, quand fut constitué l’archiprêtré de Bourg, il en conservait 30 soit à peu près les cantons de Bâgé-le-Châtel, Pont-de-Vaux et Saint-Trivier-de-Courtes.

A Bourg-en-Bresse, même l’impasse du Four Bâgé rappelle que Bâgé-le-Châtel fut capitale de la Bresse avant Bourg-en-Bresse !

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